Quantifying Degradation of Archaeological Bone In Situ and in Museum Storage: A Comparison Between Environment and Degradation over Forty-Three Years for Bones from the Aasivissuit Site, Western Greenland
DOI :
https://doi.org/10.14430/arctic82341Mots-clés :
diagenèse osseuse; Arctique; milieu d’enfouissement; stockage en musée; surveillance; consommation d’oxygène; densité osseuse; températureRésumé
La dégradation d’ossements archéologiques est un processus complexe influencé à la fois par des facteurs intrinsèques et par des facteurs extrinsèques. Nous présentons ici les résultats de la décomposition d’ossements au campement de chasse estival inuit Aasivissuit dans l’ouest du Groenland. Les ossements, datés d’environ 1200 CE à 1950 CE, sont enterrés dans un tertre de grande dimension. Le site a fait l’objet d’une fouille partielle en 1978. Il a été examiné de nouveau en 2021 dans le but d’étudier les changements caractérisant l’état de conservation des matières, tant celles se trouvant sur place que celles stockées en musée. L’état de conservation de plusieurs centaines d’ossements provenant des deux enquêtes, soit celles de 1978 et de 2021, a été décrit visuellement. Nous avons mesuré la réactivité de 34 os de caribou à −5 ˚C, 1 ˚C, 5 ˚C, 10 ˚C et 15 ˚C. Nous avons comparé les résultats à leurs profils de densité, de composition et de décomposition histologique. Sur le terrain, nous avons déterminé le type de sol et mesuré le pH, la porosité, la teneur en eau et la température des os (c’est-à-dire les conditions environnementales). Nous avons également mesuré l’humidité relative et la température des ossements stockés.
Nous analysons les tendances de dégradation observées, les changements intervenus entre 1978 et 2021 sur place et en musée, puis nous examinons les prévisions actuelles en matière de changement climatique afin d’évaluer ce que ces dernières peuvent entraîner comme conséquences sur le site à l’avenir. Nous avons constaté 1) que les ossements préservés sur place avaient peu changé depuis 1978, contrairement à ceux conservés en musée qui se sont davantage détériorés; 2) que le profil de décomposition des os correspond bien aux conditions environnementales; 3) que la réactivité des ossements, mesurée par la consommation d’oxygène, était largement contrôlée par la densité osseuse et la température; 4) qu’il est possible d’évaluer la perte de composants organiques et de composants minéraux des ossements dans les conditions actuelles à l’aide de modèles numériques; et 5) qu’il est envisageable de conserver les restes osseux sur place dans les conditions climatiques actuelles et futures.
