Déportation après réinstallation : l'appartenance conditionnelle des Américains bhoutanais aux États-Unis

Auteurs-es

  • Kamal Khatiwada University of Calgary
  • Lila K. Chamlagai Brown University
  • Karun K. Karki University of British Columbia
  • Sudarshan Pyakurel Bhutanese Community of Central Ohio

DOI :

https://doi.org/10.55016/2mzba428

Mots-clés :

forced displacement, Bhutanese refugee, deportation

Résumé

Cet article examine de manière critique la récente expulsion d'Américains bhoutanais réinstallés à travers le prisme de la nécropolitique, un concept introduit par Achille Mbembe pour décrire le pouvoir de l'État de décider de la vie et de la mort. S'appuyant sur les théories de la biopolitique et sur le « droit d'avoir des droits » d'Hannah Arendt, les auteurs soutiennent que les politiques américaines d'immigration et d'expulsion, notamment celles mises en œuvre en mars 2025, non seulement criminalisent et marginalisent les réfugiés, mais perpétuent également la mort sociale, l'apatridie et les traumatismes psychologiques. À partir du cas des Américains bhoutanais, initialement expulsés du Bhoutan dans les années 1990 puis réinstallés aux États-Unis, l'article met en évidence comment des cadres légalistes peuvent masquer la violence structurelle et les violations des droits humains. L'expulsion de ces personnes légalement réinstallées, dont beaucoup ont été rendues apatrides et redirigées de force vers plusieurs pays, met en évidence les failles éthiques des régimes d'immigration contemporains. Les auteurs appellent à des politiques d'immigration fondées sur les droits humains, la dignité et la justice sociale, en particulier pour les populations déplacées et vulnérables dont l'appartenance reste conditionnelle et précaire.



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Publié

2026-05-15